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""Première Vision"": Tissus nacrés, frisés, technos... en attente de corps

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Publié le 13/03/1995 à 2h08

Tissus nacrés, frisés, technos... en attente de corps

Le salon Première Vision de Villepinte se termine ce soir (1). Il présente aux professionnels les créations textiles européennes pour le printemps-été 1996.

Le tissu est cette invention étonnante d'une peau de fils entrecroisés - simples ou étranges, naturels ou technologiques, discrets ou colorés - qui va venir doubler la peau humaine en cernant un contour du corps pour échapper à la nudité inacceptable des deux premiers habitants du paradis. Quand on pénètre dans les immenses halls 5 et 6 du parc des Expositions de Villepinte, l'univers textile apparaît plutôt comme un enfer désincarné avec ces centaines de petites niches tristes et bien closes, où les exposants accueillent les acheteurs de la confection (dès le premier jour une foule de 18.073 visiteurs dont 12.975 étrangers). L'idée de plaisir de l'étoffe, de mouvement des corps et même du futur d'un vêtement est totalement absente. Les seuls endroits rafraîchissants sont les «forums». Là s'agitent des échantillons «tendance» déployés comme des petits drapeaux virevoltants. Sans oublier l'instant très prisé de l'audio-visuel panoramique, trafiqué avec tact par Li Edelkoort, nourri de l'émotion aqueuse d'un «bain de couleurs» nostalgique d'une nature océanique.

En pénétrant dans quelques-uns des 864 stands-cagibis, le tissu est invisible. Les échantillons sont serrés sur des portants comme les pages d'un livre qui n'est pas encore relié. Et pourtant un fil conducteur re

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