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Friches à rafraîchir

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Publié le 16/03/1995 à 2h05

C'est bien connu, le laid se vend mal. Il en va ainsi d'une

voiture... comme d'un paysage. Alors, quand une ville se voit contrainte d'exhiber, aux yeux des touristes comme à ceux de ses habitants, une verrue en plein milieu du nez, son image en pâtit. Et quand ces verrues s'appelent friches industrielles (sidérurgiques en Lorraine, textiles dans les Vosges, minières dans le Nord ou le Gard...), les municipalités ne rêvent que d'une chose: s'en débarrasser au plus vite. Aussi, quitte à bousculer la culture et la mémoire d'une région, quand une commune «sinistrée» décide de se faire une nouvelle tête, la chirurgie esthétique existe: elle a pour nom «la requalification de site» ou, plus trivialement, «le préverdissement».

Le préverdissement, c'est en fait une «végétalisation d'attente» sur un terrain réputé stérile: «Il ne s'agit pas de créer des espaces verts ou des boisements destinés à rester en l'état, explique Jean-Claude Hardy, paysagiste et professeur à l'Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles, mais de changer l'aspect du terrain, de supprimer son caractère rebutant pour le rendre susceptible d'accueillir de nouvelles activités». Objectif: «créer un paysage symbole du renouveau». Un «renouveau» qui, en France, se compte par kilomètres carrés. On estime en effet le stock de friches industrielles à plus de 20.000 hectares, dont 10.000 dans le Nord-Pas-de-Calais, et 2.500 en Lorraine. Engazonnement par hélicoptère Il y a 10 ans, dans son rapport sur les friches

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