«Mais tout est mort ici!» La première fois qu'il a planté ses bottes sur le terril de Fouquières (Pas-de-Calais), Vincent n'en a pas cru ses yeux: «On m'a dit ''tu creuses un trou avec une pioche et tu plantes des arbres".» Il avait alors trouvé la demande «plutôt bizarre», tant le sol lui paraissait «stérile». Aujourd'hui, index droit tendu, il montre fièrement, un à un, les versants plantés: «Ça, ce sont de jeunes pousses et ça prend bien, regardez les bourgeons!» «Ça», comme dit Vincent Ananian, employé de la société Paysages de France qui assure le préverdissement du site, cela s'appelle une «reconquête de la friche industrielle». C'est le grand panneau bleu, à l'entrée du chantier, qui le dit. En grosses lettres jaunes y sont entre autres inscrits le «montant de l'opération»: 14.242.000 francs et les «participations financières»: Etat 50%, Fonds européen de développement régional 30% et Région Nord-Pas-de-Calais 20%.
Derrière le panneau, le site, énorme, 200 hectares jetés sur quatre communes: Fouquières-lès-Lens, Harnes, Courrières et Noyelles-sous-Lens. L'autoroute A21 Lens-Douai le traverse dans sa largeur. Au milieu trône le terril, l'un des 200 de la région (qui couvrent à eux seuls 3.000 des 10.000 hectares de friches du Nord), dont le sommet culmine à près de quarante mètres. Un mélange de site lunaire et de lande fournie. Par endroits, quelques fumerolles blanches s'échappent encore de ses entrailles. Il y a même un «canyon», du haut duquel on distingue le cloc




