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Libération

Prêt-à-porter 95/96 : les décalés de la couture

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Publié le 22/03/1995 à 1h38

Leur défilé à eux s'est déroulé le 11 mars, loin du Carrousel du

Louvre. Ils sont jeunes et façonnent leur propre mode, en rupture de style avec leurs célébres aînés. Ces créateurs décalés s'apellent Arakawa, Le Bihan ou Jasiak.

Ils sont les artisans-artistes de la mode, qui travaillent sans moyens sur des pièces uniques en atelier. Ils fuient le business humanum du prêt-à-porter. Les podiums en délire, les calepins affolés des rédactrices n'entrent pas dans leur démarche off-festival de mode. C'est la «nouvelle vague» de la mode. Ils tournent en extérieur, ils filment en liberté hors des studios conventionnels un scénario inventé à la minute, ils montent le film de leurs vêtements «à histoires» comme le jeune cinéma des années 60, sans son synchrone et sans raccords, travaillant à bout de souffle pour échapper aux codes ritualisés et figés de leurs prédécesseurs. Et en plus ils sont bons, très bons: l'intelligence du moment, de l'esprit du temps, du regard décalé, humaniste. Par solidarité ils défilaient tous le même jour, le 11 mars dernier: dans une maison princière, un dancing abandonné aux courants d'air et une grange conviviale. Arakawa au goûter Shinichiro Arakawa avait invité ses jeunes amis à une sorte de goûter d'anniversaire tranquille avec le soleil du jour des portes-fenêtres en éclairage naturel, dans un hôtel particulier serein entre cour et jardin, vécu comme un lieu alternatif d'un autre type. A l'entrée, un mini-workshop invitait les jeunes participants hors

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