Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'insertion des lignes
électriques à haute tension dans l'environnement n'est pas une partie de plaisir. A l'évidence, les actuels «pylônes-treillis» tranchent trop dans le paysage. Les enterrer s'avère pour l'instant, selon EDF, «techniquement impossible et très coûteux, vingt fois plus qu'en aérien». Pour mieux faire passer la pilule, la compagnie nationale a joué la carte de l'esthétique, en lançant en juillet 1994 «un concours international de design de pylônes très haute tension (225.000 et 400.000 volts)». Huit équipes étaient en lice: François Deslaugiers, Marc Mimram, Dominique Perrault, Philippe Starck, Roger Tallon, Jean-Michel Wilmotte (France), Giorgetto Giugiaro (Italie) et Ian Ritchie/Kathryn Gustafson (Grande-Bretagne). Un bon bout du gratin des architectes et des designers, donc.
Jeudi soir, au Musée d'art moderne de Paris, les projets étaient présentés: du pylône type Géant vert à multiples membres, à celui façon support de télécabine attendant un passage d'oeufs, en passant par celui, plus d'actualité, copie lointaine de croix de Lorraine" Futés, la plupart des concurrents ont proposé des perspectives in situ sans fils électriques ce qui, d'office, ôtait le côté «étendage de linge» habituel des lignes électriques. Gilles Ménage, président d'EDF, a alors dévoilé les noms des deux lauréats qui redoreront les pylônes de la future génération: Marc Mimram et Ian Ritchie/Kathryn Gustafson. Leurs projets, du moins ce que l'




