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Plantes vertes pour jardinier ludique ou paresseux. A l'exposition de Saint-Jean-de-Beauregard, on cultive la beauté simple, tendance nostalgie.

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Publié le 08/04/1995 à 4h20

Pour sa 10e édition, la fête des plantes vivaces de

Saint-Jean-de-Beauregard, en région parisienne (120 exposants, 15.000 visiteurs) a décidé de se placer sous l'égide de l'euphorbe (1). Cette plante dicotylédone, herbe ou arbrisseau, est connue de tous les habitués des promenades méditerranéennes: les enfants s'amusent souvent à la fouetter d'un coup de bâton qui rejaillit en pluie de pétales... Son inflorescence s'apparente à un long thyrse jaune ou vert de mousse, gras et luisant. Sa tige contient un suc âcre et laiteux. Parmi ses nombreuses variétés, on compte l'euphorbe hélioscopa ou herbe à verrues, ou réveille-matin. C'est la parfaite illustration des programmes politiques actuels, faciles à énoncer et rapides à apprécier. C'est Chirac et Balladur réunis dans un amour commun des idées voisines et sobres mais toutefois séparés par l'infinité des variétés existantes.

L'intérêt esthétique de l'euphorbe n'est pas évident à cause du peu d'originalité de son dessin. Dans son Voyage au Congo, Gide relève avec un certain dédain le manque d'identité de l'euphorbe que l'on est obligé de désigner par métaphore: «L'euphorbe candélabre se donne des airs de cyprès.».Alors pourquoi cet engouement soudain? «C'est la plante idéale des gens qui ont un jardin le week-end et qui ne veulent pas se casser la tête», explique Muriel de Curel, propriétaire du château de Saint-Jean-de-Beauregard et jardinière émérite d'un somptueux potager classé monument historique. «Ce n'est peut-être pas spec

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