Elles sont pour la plupart centenaires, pourtant nombreux sont ceux
qui lorgnent sur elles avec d'insistance. Les anciennes fabriques, filatures ou manufactures abandonnées sont en effet aujourd'hui l'objet d'une grande convoitise. Transformer des usines en logements ou bureaux n'est pas nouveau. Soit. Mais les années 90 ont vu s'accélérer les «remises en état» tous azimuts.
Outre-Manche, les Anglais, qui avaient lancé la mode à la fin des années 70, avec la transformation des anciens docks de Londres, s'apprêtent d'ailleurs à frapper un grand coup. En 1999, la célèbre Tate Gallery ira en effet s'installer au bord de la Tamise dans la vieille carcasse de briques de la centrale électrique de Bankside revue et corrigée par les architectes suisses Herzog et de Meuron. En France, les anciens entrepôts coloniaux Lainé de Bordeaux sont devenus grâce à Valode et Pistre un musée d'Art contemporain, et les filatures Motte-Bossut de Roubaix ont été converties par Alain Sarfati en Centre des archives du monde du travail. Parmi les réalisations en cours, on attend, entre autres, la livraison d'universités dans une manufacture de tabacs toulousaine ou dans une filature de Lille.
Coût du foncier ou revitalisation de certains quartiers obligent, les ex-vaisseaux de l'industrie, voire de la stratégie militaire (forts, citadelles...), deviennent un patrimoine providentiel pour les municipalités. Autant qu'une image de marque pour les grandes sociétés. Sans oublier «le jalon historique» qu'ils




