Passionnés de tissus au pays des soyeux
Martine Chavent-Fusaro est antiquaire du tissu et Bernard Berthod, conservateur d'art sacré.
Lyon, envoyée spéciale La marchande d'art textile qui a participé à l'élaboration du livre les Etoffes, dictionnaire historique est au téléphone. C'est ainsi, étrangement, qu'elle vend des pièces de tissus rares ou des costumes de toutes les époques. Sur des mannequins, on aperçoit une robe de Lanvin en mousseline et un manteau de Fortuny en velours de soie, un broché japonais voisine un «broché au chinois», un «cannetillé» de 1735. Il y a une robe de baptême, mondaine et angélique, de Madame Sans-Gêne, et un kimono «double ikat» de 1920, un tissu Louis XIV imposant, des indiennes sur des paravents et des toiles à matelas sereines, pliées dans des armoires japonaises. La galerie lyonnaise a l'odeur d'encens indien, elle est parsemée d'objets asiatiques, de telle façon qu'on ne sait pas très bien, dès l'entrée, ce que l'on vient regarder et acheter dans ce lieu paisible, entre pierres et poutres apparentes, sur une place tranquille près du Rhône. La vente par téléphone surprend. Pas d'envoi de fax descriptif, pas de photos des broderies, tissages et textures, savantes ou humbles. Une raison à cette vente sur fichiers, très ciblée: pratiquement personne ne franchit le seuil de la Galerie 7 de Martine Chavent. Aucun promeneur ce samedi-là. Il faut dire qu'il n'y a pas de collectionneur à Lyon, pourtant ville mythique des fameux «soyeux», et des tis




