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Canapé, table, frigo meublent l'art moderne. Dans un décor maison, une expo marie des objets usuels à des oeuvres d'artistes.

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Publié le 15/05/1995 à 5h00

Ou bien on entre dans une galerie d'art contemporain, ou bien on

entre chez un marchand d'antiquités dites «modernes». D'habitude on ne mélange pas les genres. Chacun chez soi, chacun son clan, son oeuvre ou sa chaise, et l'on observe même une certaine condescendance, sinon un mépris, entre l'amateur d'art moderne (ou l'historien, ou le critique) et le collectionneur d'ancien (ou l'expert). Marions-les en attendant le collectionneur sans totem ni tabou qui apprécie l'ambiguïté. Ou plutôt, marions les objets, ont décidé Philippe et Patrick, le tandem de la galerie Jousse Seguin à Paris. Cette galerie a la particularité d'avoir une double casquette. D'un côté (rue des Taillandiers), dans un showroom qui est un ancien entrepôt du faubourg Saint-Antoine, ils exposent ou vendent sur rendez-vous des meubles d'architectes signés, de décorateurs réputés ou des objets d'artisans reconnus, dont le travail se situe autour des années 50 et, de l'autre côté (à quelques pas de là, rue de Charonne), ils montrent des artistes contemporains. Depuis longtemps ils rêvaient de ces épousailles hybrides, mais comment faire? Ce n'est pas le même public, les mêmes collectionneurs, la même époque, le même enjeu, le même usage, la même fonction. Ils ont rencontré un jeune commissaire d'expositions américain, Robert Nickas (oeuvrant à la Documenta de Kassel, une sorte de Biennale de Venise qui a lieu en Allemagne), qui a eu envie de tenter l'expérience. Il a demandé à dix-huit artistes (internationau

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