Lyon, de notre correspondant
A la direction de France Télécom à Lyon, quinze à vingt courriers arrivent chaque jour, qui posent la même question: «Le document ci-joint émane-t-il de vos services?» A première vue, c'est une facture de France Télécom. France Télécopie utilise le même format, la même mise en page, un bleu et un rouge de la même gamme de couleurs. Une étourderie suffit à intégrer le document dans le classeur des «factures à payer». Un particulier résidant à Lyon peut, lui aussi, être destinataire de cette facture. Un habitant du IVe arrondissement vient d'être invité à retourner ce document en contrepartie d'un service promettant «la liste des abonnés à un télécopieur» ou «l'insertion dans un annuaire» contre un chèque de 4.604,40 francs.
Seuls les lecteurs attentifs ont flairé l'escroquerie. Les uns n'ont pas reconnu le nouveau logo de la société. D'autres se sont étonnés de ne pas voir mentionnée l'adresse de leur interlocuteur habituel: l'agence de quartier. D'autres ont trouvé étrange que le document ne se réfère pas à une banque du département, mais propose un règlement par mandat ou chèque transitant par une boîte postale à Feldkirch ou Goefis, en Autriche. Enfin, quiconque compare ce faux à l'original note l'absence de clauses contractuelles au verso de la facture. En dépit de toutes ces falsifications, plus d'un destinataire règle sa note rubis sur l'ongle. «Je reçois en moyenne deux ou trois plaintes par jour», relève Fabrice Lhillier, commissaire dépar




