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L'heure est au bracelet-monstre. Les aiguilles sont accessoires, ne comptent plus que les gadgets.

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Publié le 20/05/1995 à 4h51

C'est le signe d'un temps où plus personne n'a le temps. Si les

montres, haute technologie oblige, sont plus que jamais à l'heure, l'heure n'est plus vraiment à la montre. Exit a montre traditionnelle que l'on conserve amoureusement par-devers soi comme la timbale d'argent de l'enfance. «L'époque de la montre offerte à l'occasion de la première communion est révolue», explique Patrice Besnard, délégué général de la chambre française de l'horlogerie et des microtechniques(CFHM). L'heure est donc à la consommation à grande vitesse, façon fast-food. En France, ce nouvel engouement pour la montre relève de la gourmandise. Dix millions de montres sont achetées chaque année avec, en prime, une progression de 8% l'année dernière! En dix ans, la production mondiale est multipliée par plus de deux: 409 millions de pièces en 1984 pour plus d'un milliard en 1994. Par rapport à 1993, plus 22%. Bref, un secteur où la crise est loin d'être ponctuelle. L'aspect le plus retentissant, c'est que 80% des ventes sont réalisées avec des produits autour de 500F.

La rotation des bracelets sur les avant-bras est de toute évidence plus rapide que celle de la trotteuse autour du cadran. En dix ans, l'explosion quantitative des ventes a induit des bouleversements profonds sur la nature du produit. Pour le groupe SMH (société suisse de microélectronique ménagère), créatrice de la Swatch, la montre est censée incarner un véritable style de vie - et non pas un simple archétype social - à travers la multipl

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