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Minguettes, le faux procès du vrai échec. Architectes et opposants instruisent «l'affaire» des tours de la Démocratie.

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Publié le 22/05/1995 à 4h50

Lyon, de notre correspondant

Le 10 octobre 1994, la dynamite avait consacré l'échec du quartier des Minguettes, dans la banlieue lyonnaise. Huit cents kilos d'explosifs avaient eu raison de dix tours. Vendredi, au centre de Lyon, dans l'usine désaffectée où les comédiens du Théâtre de la Satire ont trouvé refuge, trois cents «spectateurs-citoyens», dont un bon nombre de partenaires de la conception, de la fabrication ou de la gestion des tours, se sont livrés à un étrange procès. L'hermine du président et de ses assesseurs, la barre des témoins n'étaient là que pour la mise en place publique du débat. «Il ne s'agit pas de faire le 999e colloque sur les tours des Minguettes, avance Jacques Rey, au nom de la maison de l'architecture Rhône-Alpes, venu justifier ce «procès post mortem des tours de la Démocratie» au côté de Bruno Carlucci, directeur du Théâtre de la Satire. Nous voulons débattre ouvertement et sans concession, en nous inspirant du théâtre grec. Nous avons réuni des gens de métiers divers qui jusqu'à présent n'avaient réfléchi qu'entre eux. La mise en scène permet de tout dédramatiser.»

L'acte d'accusation stigmatise «l'urbanisme invivable», la «production de solitudes», «l'incapacité à fédérer la ville». Le président du tribunal d'un soir, Jean-Jacques Gleizal, professeur de droit, s'attribue tous pouvoirs de mettre en cause pour complicité de crime les promoteurs, les architectes et les politiques. A la barre, René Bornarel, architecte partenaire de nombreux gran

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