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Santé. Une méthode inspirée d'un exemple colombien. Protéger son bébé prématuré comme une maman kangourou.

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Publié le 17/07/1995 à 6h59

De profil, son ventre simule l'arrondi. Une large ceinture en lycra

moule ses hanches. Contre elle, son enfant prématuré dort bien au chaud, un petit chapeau sur la tête, protégé par cette «poche» élastique. La tête entre les deux seins maternels, il écoute les battements réguliers du coeur, rassuré..

Maman kangourou. Un surnom tendre et drôle. Comme ces marsupiaux australiens, connus pour leur poche ventrale dans laquelle se lovent leurs petits. Depuis janvier, à la clinique de Blanc-Mesnil, en région parisienne, on encourage les mères à porter ainsi leurs bébés nés avant terme, au lieu de les laisser dans des couveuses. Une méthode qui s'inspire largement d'une expérience née en Colombie. «Nous avons passé deux semaines, en décembre, à la Clinica del Nino à Bogota, raconte le pédiatre Pierre Baldé. Là-bas, presque tous les prématurés ont des mamans kangourous. Au début, il s'agissait de pallier au manque de matériel. Puis les médecins se sont aperçu que cela avait d'autres vertus. Les petits grossissent plus vite, leurs poses respiratoires diminuent. Une étude, en cours, teste leurs développements psychomoteurs. Il semblerait qu'ils soient plus précoces, pour marcher par exemple.»

En Colombie, les mères kangourous viennent souvent de milieux défavorisés, car se passer des frais d'une couveuse est économique. Pauvres, les femmes s'alimentent moins bien et leurs bébés sont plus chétifs et donc moins résistants. C'est pourquoi le taux de mortalité est légèrement plus élevé ch

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