Comment conçoit-on un aéroport? Cette question, il faut la poser à
Paul Andreu, qui dirige le service architectural d'Aéroports de Paris. Il ne fait pas tout, certes, mais depuis trente ans, sa grande oeuvre est Roissy-Charles-de-Gaulle. A Charles-de-Gaulle, laquelle de vos aérogares «transporte» le mieux?
Une architecture, c'est comme une paire de lunettes. Certaines conviennent à vos yeux, et d'autres pas. Roissy 1 et 2 plaisent à des types de personnes très différents. Certains voyageurs, pour se sentir bien, ont besoin d'avoir une orientation claire, de savoir où ils sont entrés et sortis, de trouver des repères tangibles afin d'adopter immédiatement un comportement autonome. Ces passagers-là sont mal à l'aise dans Roissy 1, où s'orienter est impossible. Ils préfèrent Roissy 2, avec ses modules transparents: ils repèrent mentalement les avions, ce qui les rassure. Ce sont les gens pressés, les hommes d'affaires, qui utilisent un outil et ne sont pas sensibles au mystère, à la découverte.
D'autres se fichent de l'orientation: ils profitent de l'espace, se laissent prendre par la main, guider par les panneaux. Ils prennent plaisir à la gare de Roissy 1 dont les volumes sont riches. Roissy 1 est un bâtiment chargé de symboles. On marche dans l'espace, on passe sous terre, on remonte dans la lumière du satellite. Le trou central, qui concentre toutes les circulations est devenu l'allégorie du voyage, de la séparation. Il propose un vol entre deux étages, au-dessus d'une fontai




