«Sous Elizabeth I d'Angleterre, les amants se mettaient une pomme
sous l'aisselle pour qu'elle s'imprègne de l'odeur, puis l'offraient à leur mie en gage de passion», raconte avec romantisme le professeur Gérard Guillet, dermatologue à l'hôpital de Brest. Il fut un temps, semble-t-il, où les effluves d'odeurs macérées excitaient les hommes. Henri IV n'écrivait-il pas à sa maîtresse Gabrielle d'Estrées: «Surtout ne te lave pas, j'arrive!»... Aujourd'hui la moindre auréole sous les bras, la plus infime émanation de camembert dans les chaussures sont autant de bonnes raisons pour prendre des douches à répétition, d'utiliser des savons anti-bactériens, des déodorants, des parfums... et même des antiperspirants (ou antitranspirants -lire ci-dessous), dernière invention en la matière. Ce produit promet de diminuer la transpiration, et il le fait. Or, cette efficacité, justement, inquiète. Certains, anxieux, se demandent s'il est sain de stopper ainsi la sueur, phénomène naturel. Les dermatologues répondent évidemment oui. Encore faut-il comprendre le pourquoi du comment. «Les glandes eccrines produisent une sueur d'eau et de sel, quasiment inodore, explique Jean-Paul Escande, professeur en dermato-vénérologie à l'hôpital Cochin. En revanche, les apocrines sécrètent une substance visqueuse, qui est dégradée par les bactéries présentes sur la peau, ce qui forme les mauvaises odeurs.» Les antitranspirants agissent sur ces deux paramètres. D'une part, les sels d'aluminium «endorment




