Menu
Libération
Reportage

Fiérot sur sa moto, un aigle dans le dos Aux Free Wheels, les «vrais», cambouis aux mains, ont leur préférée comme B.B.

Réservé aux abonnés

Publié le 21/08/1995 à 7h05

Village de Cunlhat. Prononcez «quinya» sinon vous passez pour «un

nase» auprès des quinze cents habitants et, surtout, auprès des vingt mille motards qui ont fait de cette petite bourgade du Puy-de-Dôme leur capitale européenne, durant le week-end. C'est là que depuis sept ans les Hell's Angels organisent le Free Wheels, qui rassemble des amateurs d'Harley du monde entier. Devant le café, les bikers défilent fièrement, bras et jambes tendus, comme leurs grands frères américains sur une route du sud du Texas. D'autres, canettes à la main, se baladent et stoppent les motos pour un burn out fumant. Roue avant bloquée, accélérateur à fond, la roue arrière tourne à toute vitesse contre le goudron, laissant aux buveurs des terrasses un goût de gomme dans les limonades... enfin plutôt dans les bières. Ce sont en général les japonaises qui sont la cible favorite des burns out. Même si la fête Free Wheels est ouverte à tous, propriétaire d'italienne, de nippone, d'allemande..., la Harley-Davidson reste la reine. Le mythe d'Easy rider. Sur les trente hectares réservés aux Free Wheels, les cinquantenaires aux allures de ZZ Top côtoient des jeunes minets et des chefs de famille cadre sup. La Harley ne promène plus les mêmes fesses qu'avant. Même le maire de Cunlhat s'en est aperçu: «il y a cinq ans, on avait calculé qu'un motard dépensait 300 francs par jour ici, maintenant c'est 1.500 francs.» Une manne qui atterrit dans les tiroirs-caisses de l'épicerie, et des cafés du village. De

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique