Menu
Libération
Interview

Design: la symbiose naturel-techno. Dix ans de la revue «Intramuros» vus par Chantal Hamaide, sa fondatrice.

Réservé aux abonnés

Publié le 26/09/1995 à 8h00

Chantal Hamaide a lancé il y a dix ans la première et la seule revue

entièrement consacrée au design en France. Dans un pays où \note\notetype0 il n'y a pas encore de du design, où l'histoire de l'architecture et des objets de la vie quotidienne ­ qu'ils soient industriels ou édités en petites séries ­ n'est pas enseignée à l'école (comme c'est le cas en Italie), dans une contrée où ce mot anglais sonne encore pour beaucoup avec méfiance comme une bizarrerie ou une extravagance, le pari d'une revue qui s'adresse aux professionnels mais aussi à un large public était pour le moins courageux. Bilan et état des lieux.

Où en sommes-nous sur la planète design?

On fonctionne beaucoup plus sur le mode du sérieux. On a perdu du panache et de l'extériorité et il semble qu'on se rapproche un peu de la dimension humaine et sociale du rôle du design. On observe aussi une symbiose entre le naturel et la technologie, où le designer pose des questions à la manière d'un ingénieur qui serait aussi poète. Il y a dix ans, on trouvait normal de dessiner des trains et des gares. Mais pas de dessiner une brosse à dents, celle de Starck, jolie comme une fleur, avec une impertinence dans le dessin du plastique moulé. Autrefois, la normalité du design c'était qu'il reste industriel, c'était de dessiner le profil d'une aile d'avion. Depuis, le consommateur a été sollicité et s'est dit: «Alors, on peut aussi dessiner une brosse à dents.» Ces dix dernières années, les gens se sont mis à parler du design. I

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique