Menu
Libération

Cultiver les herbes folles de son jardin. Aux journées de Courson, les graminées deviennent plantes décoratives.

Réservé aux abonnés

Publié le 14/10/1995 à 9h16

En prenant l'autoroute du Sud pour Courson, à 35 km de Paris, près

de Dourdan, on jette un oeil méfiant sur les talus qui bordent la route, jonchés d'herbes folles, avec un rien de scepticisme pour ces sans-grade. Les pépiniéristes, qui exposent lors des Journées des Plantes à Courson (1), développent pourtant cet automne le thème des graminées, ces oubliées des jardins d'agrément. Ce jeudi, avant l'ouverture, pendant que chacun compose un mixed-border illusionniste, on a dans la tête des images de savanes, de toundra ventée, de dunes isolées, de marais hostiles ou de prairies tranquilles ou encore de terrain vague dans une banlieue défavorisée. On va s'apercevoir que ces images-souvenirs entrent pour une bonne part dans la poétique de l'élément graminée. C'est aux Allemands et Hollandais et récemment aux Britanniques, que l'on doit cette réhabilitation des herbes négligées dans l'installation d'un jardin, qui élargissent leur famille aux joncs, carex, bambous ou fougères dans les livres de botanique. On les nomme «ornementales», «décoratives», il y a les «vraies» et les «fausses». Elles sont «orientales», leur intérêt est cité dans l'art et la littérature du VIIIe siècle en Chine et plus tard au Japon, mais peu utilisées dans leurs parcs, alors que l'aspect méditatif et zen de ces tiges graphiques et économes est évident. Sur les stands, une grande majorité d'exposants les disséminent dans leurs parterres mais quatre d'entre eux se sont penchés avec ferveur sur ces sauvag

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique