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Interview

«L'enfant s'enrichit en rêvassant». Etty Buzyn, psychothérapeute, s'inquiète de la suractivité des petits.

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Publié le 18/10/1995 à 9h10

«Nous sommes tissés de l'étoffe dont sont faits les rêves»: Etty

Buzyn, psychothérapeute depuis quinze ans, a un faible pour cette citation de William Shakespeare. Dans son dernier ouvrage, Papa, maman, laissez-moi le temps de rêver (1), elle s'inquiète de voir dans son cabinet de plus en plus d'enfants, saturés d'activités, poussés à la performance par leurs parents. Elle rappelle que l'oisiveté permet à l'enfant de développer sa créativité et donc ses capacités d'adaptation et d'innovation. Qui sont ces enfants que vous voyez en consultation?

Ce sont les progénitures de parents soucieux de bien faire. Angoissés par le chômage, ils veulent que leurs petits aient un maximum de diplômes, pour leur donner une «assurance tout risque» sur l'avenir. Ils les somment d'avoir de bons résultats à l'école en les submergeant de cours du soir, de travail personnel intense. Et surtout, ils veulent que tout ce que font leurs enfants leur serve dans un souci de la performance.

C'est-à-dire que même le temps dit «libre» y est consacré?

Oui. Ils veulent bien que leurs enfants s'amusent, mais avec des jeux éducatifs. Le sport aussi devient prétexte à compétition. Je me souviens d'une petite Mathilde qui n'avait jamais joué à la poupée ou à des jeux imaginatifs. Elle avait renoncé à ses désirs pour combler ceux de ses parents, par peur de perdre leur amour en les décevant. Cela a provoqué chez elle un symptôme dépressif matérialisé par de moins bons résultats scolaires et sportifs. Et le plus gra

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