Quand on a à faire à une chaîne, l’architecture n’a pas beaucoup de place. L’hôtelier passe directement à la case client type et ne fait plus de recherches. En gros, on fait tout gris, marron et terne, les tissus sont faits pour que le client puisse s’essuyer les pieds avec sans que ça se voit. On parle tout le temps en termes d’économie et de maintenance.»
«L’architecture n’intéresse pas les grandes chaînes. Toute leur politique est basée sur l’emplacement et le standing de la chambre. C’est une option dommageable et qui ne tiendra pas avec le temps: les gens en ont assez.» Bernard Barto et Jean Nouvel ont réalisé, l’un à Nantes pour un hôtelier indépendant, et l’autre à Dax pour une chaîne de balnéothérapie du tourisme social, deux ouvrages qui montrent qu’on peut penser l’espace autrement, et pas forcément pour plus cher. Le tout en tenant compte des contraintes fortes, que le genre impose. Etabli en plein centre-ville de Nantes, sur une zone préservée par les Bâtiments de France, l’hôtel trois étoiles La Pérouse est un bâtiment moderne qui jouxte un immeuble XIXe siècle. A l’extérieur, des fenêtres dessinées à l’horizontale en «tiret» ont permis de loger les six niveaux de chambres prévus à côté d’un bâtiment classique qui n’avait que quatre étages. C’est en jouant sur la superposition de ses tirets que Bernard Barto reconstitue la verticale des fenêtres de l’immeuble voisin. Tout, comme l’hôtel avec son angle légèrement de guingois, rappelle qu’on est au coeur d’une cité




