Saint-Etienne-du-Rouvray, envoyée spéciale,
Où exposer des éléments de mobilier historique? Dans un musée, répondent d'emblée les institutions concernées. C'est l'usage quand un meuble bien conçu, signé et reconnu prend de l'âge. C'est là qu'il parade, surmonté d'un socle et aveuglé par un projecteur, comme une sculpture un peu dérisoire. Pas d'accord, répond Alexandra Midal, jeune directrice du Fonds régional d'art contemporain (Frac) de Haute-Normandie, qui veut faire comprendre comment fonctionnent «les relations entre un individu et son quotidien». Bien décidée à refuser cette sacralisation muséale automatique de l'art ou du design, elle réunit des objets trouvés dans les collections publiques ou privées, prêtés par des marchands ou bien chinés directement aux Puces. Objets meublants à la fois proches et loin de nous, dessinés de 1960 à 1973, quand le choc pétrolier va annoncer la fin de l'âge d'or des matières plastiques triomphantes et éternelles. Elle va prendre le risque de placer ces objets meublants dans leur contexte d'origine, c'est à dire d'où ils viennent: un appartement. Mais pas n'importe lequel, une HLM à 5 km du centre ville.
La tour d'habitations «Minerve», à Saint-Etienne du Rouvray, se trouve dans une banlieue dite «défavorisée», celle du Château Blanc, un château d'eau environné d'une successions de barres et de tours dont la banalité formelle désigne les époques successives de construction. Une zone triste et silencieuse. Pas de vie, pas de commerces, p




