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Libération

Un signe de Jean Widmer. ""Jean Widmer, un écologiste de l'image"".

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Publié le 29/11/1995 à 10h47

Au musée, on en passe forcément par lui. A la RATP aussi. Jean

Widmer, artiste de la signalétique, est à Beaubourg en rétrospective et au coin de l'escalier.

Parmi toutes les disciplines du design, celle que l'on dit «graphique» semble la plus modeste. Connaît-on l'homme qui a dessiné les centaines de pictogrammes posés le long des autoroutes, annonçant le château de Moulinsart ou la pêche à la truite? L'homme qui, dans le dédale des grands musées, nous guide par ses repères signalétiques jusqu'à l'oeuvre convoitée ou nous accompagne à l'urgence d'une pause-pipi?

Celui qui va nous prendre par la main et par l'oeil pour nous conduire à l'original d'A la recherche du temps perdu dans la future Bibliothèque de France (lire ci-contre), pour que ce temps ne soit pas perdu à errer comme un nomade sans chameau dans le désert incompréhensible du construit? Est-ce que l'on peut nommer celui qui suscite l'envie d'aller voir une expo ou d'acheter un catalogue en apercevant une affiche dans la rue? Les graphistes sont hommes de l'ombre, de l'intelligence du signe et de la saveur désirante du sens. Celui qui nous intéresse s'appelle Jean Widmer, né en 1929, et toujours une allure d'adolescent tranquille. Venu de sa Suisse natale en 1955 pour donner du peps à un art graphique français très conservateur, illustrateur et ensommeillé sur un passé de typographe prestigieux. Le centre Georges-Pompidou lui consacre une rétrospective joyeuse, simple et colorée, en un mot vivifiante, qui dissèque

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