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Se faire brosser le cheveu au musée. Au Centre Beaubourg, le visiteur offre sa tête à l'art de la coiffure.

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Publié le 25/12/1995 à 11h40

On peut se faire couper les cheveux à Beaubourg. Si vous dites cela

à une amie, elle vous regarde étrangement, pensant que les dernières grèves et la marche à pied vous ont shampouiné la tête, et elle ajoute: «Dans le musée? Au centre Georges-Pompidou?» Incrédule sur l'ouverture d'un nouvel espace de service, qui est pourtant l'une des attractions de ce centre pluridisciplinaire, comme récemment le petit cybercafé (Cyberia) où l'on peut jouer à l'Internet sur la mezzanine qui surplombe le Forum. Elle se souvient du 5e étage et ses 500 oeuvres sur 2.500 m2, mais elle ne se souvient pas de coiffure. On lui rappelle que l'exposition «Féminin-Masculin: le sexe de l'art» commence en fait au rez-de-chaussée, sous le titre «Précipité». Là, trois artistes ont eu carte blanche pour occuper le Forum. L'immense plateau saute aux yeux dès l'entrée du musée, mais curieusement personne ne semble avoir vu le coiffeur. L'artiste Fabrice Hybert a proposé, comme projet, d'ouvrir une annexe du salon de coiffure Gala (sis dans le Marais), où il a l'habitude de se faire couper les cheveux et qu'il préfère appeler «un salon de coupe». Son désir était d'introduire dans l'espace du musée un élément vivant, une part de «réalité», en donnant la possibilité à l'amateur de devenir un «client-visiteur». Ce projet implique d'emblée un jeu bizarre. Il y a l'intitulé générique de l'expo qui tout d'un coup se réalise dans sa quotidienneté: ce sont ces milliers de coiffeurs dans toute la France qui inscriv

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