Menu
Libération

Et si l'écologie avait un siècle et demi? «L'Environnement Magazine», qui a 150 ans, a accompagné la prise de conscience verte.

Réservé aux abonnés

Publié le 09/01/1996 à 0h10

Il était une fois une France où les ingénieurs du royaume, préférant

la gloire conférée par l'édification d'un beau viaduc ou d'un canal, méprisaient la construction des routes, alors indispensables à la modernisation de la France. En ce temps-là, en 1845, naquirent les Annales des chemins vicinaux, dont l'ambition était d'ouvrir les cantonniers sur le monde. Les Annales, rebaptisées de la voirie (1923), puis de la voirie et de l'environnement (1979), célèbrent ce mois-ci leur cent cinquantième anniversaire, évidemment relookées sous l'appellation résolument moderne de l'Environnement Magazine (1990). Dans l'actuel contexte mortifère de la presse française, le rédacteur en chef, Charles-Henry Dubail (héritier de la dynastie des dirigeants de la revue), est content: «Les publications dépassant le siècle ne sont pas légion.»

En ce temps-là, nul ne se souciait de la couche d'ozone, ni de l'effet de serre. L'écologie n'existait pas. En ces temps reculés, la seule pollution imputable à l'automobile était la poussière des chemins soulevée par l'infernale vitesse des premiers bolides, et la polémique faisait rage entre partisans et adversaires du goudron, au nom de son influence néfaste sur les fleurs et les arbres (1905). Plus tard (1929), alors que des aménageurs, modernistes fous, parlaient de saigner les paysages de la France pour tracer des autostrades, les Annales publient un pamphlet expliquant que le Français est un artiste aimant les beaux paysages et les campagnes sinueuses

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique