La fin de siècle est fatiguée. C'est le constat, pas si pessimiste
qu'il en a l'air, du Salon du meuble 1996 à Paris (1). Cette fatigue oriente les objets meublants vers un calme abyssal, ils sont plus réfléchis et rétrécis, plus rationnels et pratiques, un peu moins cher. En clair, cette tendance tente d'élargir la percée du «minimalisme» apparue en avant-première depuis deux ou trois ans. Certains, nostalgiques de la fureur exubérante de la décennie 80, pensent que cette mouvance est purement réactionnaire et opportuniste pour les fabricants qui veulent vendre en élargissant leur audience. Si «minimal» veut dire simple et pauvre, retour à la rigueur et son corollaire le moralisme dans les formes, les designers essaient de faire passer la pilule amère et sèche en l'adoucissant de deux façons tout à fait perceptibles dans ce Salon. On s'acharne sur les matériaux, en les mettant en association pour le même objet (bois et métal par exemple), on affine les astuces de montage de la structure qui se font plus apparentes puisque l'objet est épuré et dénudé, on joue sur la double fonction ou la mobilité (voir l'étonnante chaise-parapluie de Gaetano Pesce).
Cette impression de «fatigue» décelée cette année comme une tendance n'est pas uniquement à prendre dans son versant grincheux, l'espoir d'un petit déclic dynamique semble succéder à la mouche tsé-tsé. Différentes voies s'offrent pour soulager cet épuisement de crise économique et des valeurs. Dans le domaine de l'anecdote, on e




