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Interview

Moins polluée qu'ailleurs, l'eau est moins chère en FranceMême s'ils sont exigeants, les consommateurs ne sont pas informés, selon le chercheur Bernard Baraqué.

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Publié le 07/02/1996 à 1h39

Bernard Baraqué est urbaniste et chercheur au laboratoire technique,

territoire et sociétés (Latts) du CNRS, responsable de l'équipe française du programme «Eurowater» (1), qui compare les institutions et la gestion de l'eau dans les pays de l'Union européenne. Il vient de publier les Politiques de l'eau en Europe (2).

La qualité de l'eau du robinet est-elle très différente selon les pays?

On peut toujours arriver à faire une eau parfaitement potable avec de l'eau d'égout. Mais comme la réglementation impose en Europe soixante-quatre critères de potabilité, c'est un casse-tête chinois pour les distributeurs d'eau. On s'oriente de plus en plus vers la préservation des ressources, de surface ou souterraines, pour pouvoir potabiliser facilement, sans ajouter trop de produits chimiques. Parce que la vraie pression des consommateurs est là. Ils ne connaissent rien aux soixante-quatre critères, mais n'ont pas confiance dans leur eau potable, parce qu'ils sentent le goût du chlore, qu'ils voient couler du calcaire... Ils ne sont pas formés, mais ils sont exigeants.

Pour la potabilité sanitaire, l'eau est formidable en France. Il y a certes trop de nitrates à certains endroits, des pesticides, mais les ressources françaises ont été mieux épargnées par l'agriculture qu'aux Pays-Bas ou en Allemagne, en Angleterre ou en Italie du Nord. Logiquement, l'eau est moins chère chez nous qu'en Allemagne, et à peu près au même prix qu'en Angleterre et aux Pays-Bas. Vous avez effectué une comparai

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