Pourquoi les objets industriels et artisanaux venus du Japon ont-ils
si fortement envahi notre paysage domestique? Une exposition du centre Georges-Pompidou, «Design japonais, 1950-1995» (1), nous invite à observer cette invasion, en compilant affiches, mode et textile, articles pour la table, mobilier et design industriel. Mais cette accumulation n'apporte pas de réponse à la question. Elle se présente sans ligne directrice. Dépourvue d'idées et de repères, elle se retrouve déshumanisée, hors du quotidien. Et pourtant, quand on demande aux visiteurs de l'exposition si ces objets font partie de leur vie de tous les jours, pour eux c'est une évidence. Dans la typologie, ils citent d'emblée ce qui bouge, voiture et moto, puis ce qui transporte le son, l'image, la mémoire dans la maison. Dans les petits formats, ce qui les séduit, c'est le «noir» profond, comme une peau sensuelle qui enrobe avec qualité des formes adoucies. Ce noir rappelle le jeu graphique des structures intérieures qu'on trouve dans les constructions anciennes de l'archipel. C'est aussi le noir qui vient border de deuil le galon sévère du tatami de paille blonde. Pour les objets de plus grand format, souvent associés à une idée sportive et jeune, c'est au contraire l'audace des teintes dynamiques qui bluffent. Comme celles de la moto Yamaha (un prototype hyperergonomique de 1989), au tracé baroque, dont la morphologie ressemble à une basket géante, du type Nike enluminée. Si l'on poursuit le test, en deman




