Rennes, envoyé spécial
En ce bistrot, on réinvente le Café du Commerce. En version citoyenne, laïque et républicaine. Sur la mezzanine envahie de tableaux, la discussion démarre par des poncifs. «Le sport est un des éléments de la citoyenneté», lâche une dame très comme il faut qui se trouve être conseillère municipale. Une banalité finalement utile pour ouvrir l'échange. Le café des Citoyens participe de l'essor, ces dernières années, du débat organisé en bistrots, qu'il soit philosophique comme à Bordeaux (Libération du 23 mai) ou de portée plus générale comme ici, à Rennes. Ce soir, Patrick Leresteux, animateur de la Fédération des oeuvres laïques qui a lancé il y a un an et demi avec René Jouland ces débats bistrotiers, a choisi de palabrer du «sport, école de la fraternité». Le débat a du mal à décoller, mais manifestement, les attablés n'ont pas envie de rester trop spectateurs. La patronne du café monte suivre les débats quelques minutes. «Il faut éviter d'être manichéen, avance Guy Caro, médecin effectuant une étude sur l'alcool et les supporters des clubs de football. Il n'y a pas d'un côté le bien, le sport pour le plaisir, l'amateurisme, et de l'autre le mal, la compétition, l'argent qui corrompt. Le nationalisme est présent aux J.O. mais le sport reste cependant capable de propager des valeurs d'internationalisme. Le meilleur moyen pour que les gens se haïssent, c'est qu'ils ne se rencontrent jamais.» Echange sage. Silencieux, posté aux côté de l'animateur, l'inv




