Parc du Mercantour, envoyée spéciale
Marie-Lazarine Poulle cherchait des crottes. Ou plutôt des fèces, puisqu'il s'agissait de crottes de loup. C'est son métier qui veut ça. Biologiste du parc national. Un oeil au sol, un autre dans les jumelles. A 800 mètres, elle aperçoit soudain l'animal. «Il dormait. On a pu s'approcher à 250 mètres.» Où, exactement? «Dans la vallée de la Vésubie», c'est-à-dire dans les très vastes parages de la maison du parc, installée au bourg de Saint-Martin-Vésubie. Impossible d'obtenir une indication plus précise. Le personnel du parc ne veut pas que les touristes s'engagent dans des safaris-loups, fussent-ils d'observation. Ni, surtout, informer trop précisément les autochtones, peu amènes envers la bête. «Les loups ne se voient que par hasard.» Et de très loin, sauf miracle.
A l'en croire, c'est ce qui est arrivé au boulanger de Roures, un de ces ravissants «villages accrochés» typiques des Alpes du Sud. En ce printanier matin frisquet, il tisonne le feu dans l'antique four à pain du hameau abandonné de Valabre. Le boulanger a grimpé durant une bonne heure et demie un confortable sentier à flanc de montagne, qui prend sur la D2205 lorsqu'elle traverse le parc, pour remettre en état l'ancienne installation: à la mi-mai, comme chaque année, les gens de Roures ont coutume de monter ici, à pied et à dos de mulet, pour faire revivre durant quelques heures les bergeries, les fermes, l'école et la jolie chapelle. Le vin est mis au frais dans la fontaine




