C'est l'histoire d'une moto qui fait un bruit de remorqueur. Une
Harley-Davidson, dont le succès est directement lié au «chplomb-chplomb» qui la caractérise et qui, forcément, fait des envieux. C'est ainsi qu'un jour, le japonais Honda décide de copier son concurrent américain et de reproduire le fameux bruit pour s'attirer les clients à l'ouïe fine. Mais chez Harley, on proteste, arguant de la propriété de ladite sonorité. L'indélicat nippon s'est retrouvé traîné devant les tribunaux avant l'été. Rien à faire, juridiquement, la propriété d'un son n'existe pas et le fabricant des Américaines flambeuses vient de perdre son procès.
Mais pourquoi autant de bruit autour d'un son? «En moto ou en auto, le bruit d'un moteur, le claquement d'une portière sont, consciemment ou non, des critères essentiels dans l'acte d'achat», affirme Joël Maillet de chez Peugeot. Certes, lors de l'achat d'une Ferrari ou d'une Harley, les bruits d'un V12, celui d'un moteur made in Milwaukee font partie intégrante du fantasme lié à de tels équipages. Mais pour la voiture de monsieur tout le Monde? «Certains bruits rassurent, d'autres hérissent, nous jouons avec les nerfs des clients», continue le docteur es-bruits du Lion. La sonorité de l'engin doit être en adéquation avec son look. Ainsi, une Peugeot 106 rallye et une autre 106, Cashmere boîte automatique celle-là, ont-elles une même carosserie, un chassis similaire et un moteur identique. Mais une sonorité radicalement différente. Grave, rassurant




