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Libération

Le cadre ne desserre pas la cravate

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Publié le 16/09/1996 à 11h00

Les Américains tombent la veste le vendredi. Cela s'appelle le

Friday wear, la tenue du vendredi. Ce jour-là, veille de week-end, les employés de bureau et les travailleurs du tertiaire en général ont le droit d'être un peu moins collet monté que le reste de la semaine. Du coup, Levi's, leader mondial du jean a décidé d'institutionnaliser le phénomène. Une toute nouvelle ligne de vêtements baptisée Slates, est destinée à ces pré-week-end studieux. Rien de très bouleversant, mais les pantalons de grosse toile s'élargissent et les chemises, façon bûcheron, ouvrent leur col en grand pour fuir toute tentative de noeud de cravate. Un nouvel uniforme pour fuir l'uniforme, en quelque sorte.

Et en France? Le phénomène n'existe pas, ou si peu. Le vendredi est semblable aux autres jours: morne. Le casual wear, la tenue décontractée, ne dépasse pas la fantaisie d'un imprimé de cravate. Fin de semaine ou non, le costume reste sombre et la chemise claire. Les seules entreprises où l'on s'autorise un tant soit peu de frivolité vestimentaire sont d'origine américaine. Chez Microsoft ou Compaq France, les ingénieurs informaticiens rejoignent leurs bureaux paysagers en jean ou pantalon de toile, tandis que le gros des entreprises françaises reste accroché au costume cravate. Ce terrorisme vestimentaire s'explique-t-il par une censure de la part des directions des ressources humaines? «Pas du tout, explique Marc Renault, responsable des recrutements des cadres du Crédit Lyonnais. Nous n'avons

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