Bienvenue dans un monde uniformisé. Un monde ou les habitants de
Singapour s'assoient sur les mêmes chaises que ceux de New York, où les Australiens essuient les mêmes étagères que les Autrichiens. Bienvenue chez Ikéa. Voilà quinze ans que le distributeur tisse en France un morceau de sa toile mondialiste du meuble et de la décoration photocopiés. Et ça marche. Comme l'a raconté Per Kauffmann, PDG d'Ikéa France, devant la presse réunie pour fêter ça, le suédois est devenu le premier distributeur mondial du secteur de l'habitat avec un chiffre d'affaires qui avoisine les 30 milliards de francs répartis dans 28 pays.
L'ameublement est un luxe de pays riche. Et c'est avant tout en Europe, aux Etats-Unis et dans les fiefs du business asiatiques (Singapour, Hong-kong) que s'installe le roi du kit. A chaque ouverture, le scénario est identique, tout comme les magasins et les produits qu'ils contiennent. Seule différence d'un continent à l'autre: la décoration. Chez Ikéa, les meubles sont des basiques que les acheteurs personnalisent à volonté, aux décorateurs maison de les orienter. Mais il s'agit là d'un voeu pieux, car dans les faits, très peu d'étagères Billy (le best-seller depuis plus de vingt ans) sont repeintes après achat. Les bibelots et les livres varient, les poupées russes deviennent tour Eiffel fluorescentes et Dostoïevski Paul Loup Sulitzer, mais tous les intérieurs se ressemblent car ils sont dessinés dans le même petit coin perdu de Suède. «Nous faisons également f




