Se ferait-on désormais une filmothèque sur le modèle d'une bibliothèque? Les ventes de cassettes vidéo enregistrées sont en tout cas en train de changer de nature. La domination des dessins animés recule au profit des films. Qu'on garde et qu'on range, comme les livres. Un changement d'autant plus net que la location semble en perte de vitesse. Ici s'arrête pourtant la comparaison, car vidéo et livre ne courent pas dans la même catégorie de chiffres. Sur les étagères familiales, la jaquette des Visiteurs, trois millions d'exemplaires vendus, l'emporte largement sur l'Alchimiste, le best-seller de Paolo Coelho, 1 300 000 exemplaires.
Exception? «A moins de 500 000 exemplaires, une cassette vidéo est un bide», explique Jean-Paul Commin, délégué général du syndicat de l'édition vidéo, alors que les éditeurs de livres se pâment de bonheur à 100 000 exemplaires. Mais si la profession a pris l'habitude des scores faramineux des dessins animés (Disney en tête), depuis le début de l'année, les films de cinéma à succès cartonnent dans les linéaires. Die Hard 3 et Bruce Willis, son héros musclé-mais-non-dénué-d'une-pointe-d'humour, ont enregistré un score de 300 000 exemplaires en deux semaines seulement d'exploitation en cassettes. A la pointe de cet énorme marché, figurent les hypermarchés dans lesquels les têtes de gondoles prennent des allures de festival de Cannes avec affiches géantes, T-shirts et animations diverses. Entre janvier et juillet, le chiffre d'affair




