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Libération

Au salon jusqu'au 13 octobrePetits-fours et gros chèques

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Publié le 03/10/1996 à 23h35

«Je roule en VW Polo toute la semaine. Le week-end, j'aimerais me

faire plaisir.» Coupe de champagne à la main, Jean-Claude, chirurgien parisien, est assis dans une Saab 900 turbo rutilante. Sur le siège passager, le directeur commercial de la marque écoute ses revendications de prix, de délais, de couleur de sièges, de montre digitale, de volant gainé de cuir et de lecteur de CD intégré. Le tout bien évidemment «cadeau, hein?».

Mardi soir, le Mondial de l'automobile était réservé à 20 000 privilégiés qui ont pu accéder aux halls de la porte de Versailles grâce au bristol que les organisateurs leur avaient fait parvenir. Des very importantes personnalités recrutées sur les fichiers de «potentiels», anciens clients infidèles ou propriétaires d'autos vieillissantes de la marque. «Tenue de cocktail exigée», précisait le carton d'invitation. Sur le stand Saab comme ailleurs, une nuée de cravates et de robes de soirée s'installe dans les autos. Le directeur commercial est d'autant plus débordé qu'il manque de renforts pour différencier d'un seul coup d'oeil l'importun du client potentiel.

D'habitude, c'est facile, le prix des modèles permet de juger la future victime, plutôt bien mise, et d'écarter poliment le badaud sportswear. Mais ce soir, la tenue de gala est l'uniforme. Et les exposants sont contraints de renseigner, d'expliquer le volant réglable et d'ouvrir les capots à tous les petits groupes admiratifs.

Car tous les VIP ne sont pas égaux. Chez Ferrari et Jaguar, par exemple

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