Bohême du Nord
envoyé spécial «Si seulement toutes les usines du pays ressemblaient à celle-là...» Le président Vaclav Havel n'a pu retenir un soupir de découragement lors de l'inauguration le mois dernier de la chaîne de montage de l'Octavia, la dernière-née de Skoda. Il y a pourtant de quoi se réjouir: les bâtiments flambant neufs, conçus par des ingénieurs munichois, et qui ont nécessité 1,2 milliard de francs d'investissement, représenteraient, à en croire la publicité de Skoda, «l'usine la plus moderne du monde». Quoi qu'il en soit, ils tranchent sur le paysage industriel de Bohême hérité de l'époque communiste. Le lancement en grande pompe de l'Octavia comble d'aise le pays. Impossible de voir encore dans cette berline (plutôt bien dessinée, elle embarque le dernier cri de la technologie allemande) l'héritière des «sous-bagnoles de l'Est». L'usine Skoda, il est vrai, avait réussi à sortir moins délabrée que d'autres de cette sinistre période. Si bien qu'à la chute du rideau de fer, nombreux furent les candidats occidentaux au rachat. Volkswagen l'emporta à l'arraché sur Renault en décembre 1990, en promettant d'investir des milliards de marks et son savoir-faire. VW n'a pas lésiné: le groupe a déjà dépensé 10,8 milliards de francs. Avec le lancement de la Skoda Octavia, les Tchèques peuvent enfin tourner une page honnie de leur histoire économique. Ce nouveau modèle marque le grand retour de la seule marque tchèque dans le club des constructeurs occidentaux. Les premi




