«Celle-là, elle a pas dû faire polytechnique.» Les commentaires des
deux dames qui passent devant elle ne touchent pas Anne-Catherine. Certes, elle n'a pas fait X mais est en train de boucler un DEA «affaires internationales» et ce boulot d'hôtesse au salon de l'auto, c'est un simple job d'étudiant, «plutôt mieux payé que McDo», précise-t-elle. Un petit boulot comme un autre? Si l'on veut, car, de toutes les manifestations où l'on emploie des hôtesses, aucune n'est aussi redoutée que le Mondial de l'automobile. Le programme est particulièrement alléchant: six heures par jour debout sur un stand, affublée d'un costume parfois totalement ridicule et toujours criard. Les activités s'ajoutent au déguisement et justifient leur présence: distribution de catalogues, de pin's, de casquettes, ballons, sacs plastique et, surtout, visites guidées des carrosses exposés. Des centaines de coffres ouverts, des dizaines de capotes dépliées, refermées et commentées: «Regardez, c'est tout électrique, on appuie sur un bouton et hop!» Pendant deux jours, avant le salon, elles sont formées, avec un stage marketing de choc. La gamme de produits, l'historique de la marque, les options et les tarifs, tout y passe. Une routine de salon interchangeable: qu'on soit ici ou ailleurs, d'une manifestation à l'autre la capote en toile est simplement remplacée par un robot-mixer ou une chaîne hifi. Mais le Mondial a sa face cachée. N'en déplaise aux organisateurs qui vantent une pseudo-féminisation de l'aut




