La voiture féminine, c'est la grande marotte de ce salon. Les
constructeurs se sont soudain pris de passion pour les dames, eux qui les reléguaient sur le siège passager où elles pouvaient, tout à loisir, faire leur raccord de maquillage, ont découvert qu'elles piquent le volant aux hommes. Pis, elles achètent des autos toutes seules, les bougresses. Du côté des exposants de la porte de Versailles, c'est la stupeur. Quoi, les femmes ont été autorisées à passer le permis de conduire et on ne leur avait rien dit? Elles travaillent, se débrouillent dans la vie avec enfants à charge et maris en carafe, et on le leur cachait? Bientôt, on leur annoncera, si ça se trouve, qu'elles ont le droit de vote. Mais nous n'en sommes pas là et, pour se les concilier, les constructeurs ont dédié une soirée aux femmes. Allons, ne soyons pas bégueules, pour ces dames, c'était cadeau. Via la presse féminine, elles avaient reçu une invitation pour deux, l'intéressée et, éventuellement, sa meilleure copine, sa belle-mère, sa cheftaine de service ou sa voisine de palier. Sauf que, lundi soir, à l'entrée principale du Salon, elles se sont pointées avec maris et petits amis. Pourtant, l'organisation leur avait concocté un accueil rien que pour elles. Une centaine de Chippendales intérimaires étaient là pour leur souhaiter la bienvenue, en lieu et place des hôtesses affriolantes qui font l'ordinaire du Salon. Sur les stands, les autos dites féminines, selon les critères des constructeurs, étaient spéc




