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Premiers handicapés: les accros du combinéAvant de décrocher son téléphone, il faudra réviser sa géographie.

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Publié le 18/10/1996 à 0h25

L'usager n'aime pas qu'on lui chamboule ses petites habitudes. Pour

que le passage se fasse sans casse, France Télécom a donc chargé, dès 1992, un bureau d'études d'ausculter les réactions des usagers. Pour Barbara Le Roy Liberge, en charge de l'étude pour l'agence Insight (groupe Ipsos), les premières constatations allaient à l'encontre de nombreuses certitudes. «En fait, explique-t-elle, il s'est avéré que les personnes qui risquent d'avoir le plus de mal à s'habituer à la nouvelle numérotation sont celles qui appellent le plus, professionnellement et personnellement.» En clair, les routiniers du clavier, ceux qui composent les huit chiffres sans réfléchir et risquent de continuer à faire de même après la mise en place de la NDC (numérotation à dix chiffres, pour les grands initiés). Pour eux, des disques d'information veillent, qui répéteront en boucle la litanie expliquant que «le numéro de votre correspondant a changé, veuillez désormais composer le...»

Casser les réflexes. L'habitude du 16 depuis 1955 et du 4 parisien depuis 1985 est tellement ancrée que des bourdes sont inévitables. A contrario, ceux qui en étaient restés aux numéros à sept chiffres parisiens et qui n'ajoutent le 4 qu'après mûre réflexion malgré plus de dix ans de pratique pourraient être paradoxalement moins dépaysés que les autres. Les aïeuls, par exemple, qui font déjà un «détour» pour composer un numéro de téléphone ­ un terme qui ne signifie pas qu'ils contournent leur combiné mais qu'ils n'ont en

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