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L'alimentation travaille son naturelLa technologie est omniprésente au Salon international de Villepinte.

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Publié le 21/10/1996 à 0h20

Empire de la bouffe industrielle, grand-messe du précuit ou

pourfendeur du p'tit plat: le Salon international de l'alimentation (Sial) mérite tous ces quolibets. Mais on peut être industriel forcené, roi de la nourriture de synthèse, et se targuer de vertus environnementales et naturelles. C'est du moins le nouveau credo du club «PAI», cercle qui regroupe une dizaine de ténors du «produit alimentaire intermédiaire». Ces entreprises concoctent les ingrédients qui servent à fabriquer de banales brioches, pizzas et autres mets élaborés. A cela près que ces matières premières sont, elles, de moins en moins banales. De l'oeuf au kilomètre en passant par le fromage et le champignon vendu au mètre, tout n'est que reconstitution, synthèse et ersatz.

Pour paraître présentables, les amis de ces étranges nutriments ont nommé une nutritionniste au poste de déléguée générale de leur petite assemblée. Et Béatrice de Reynal de Saint Michel de défendre la bonne cause. «Bien sûr, ce sont des saveurs reconstituées, mais uniquement avec des produits naturels, sans adjonction chimique.» Sur son bureau trône un minuscule flacon noir rempli d'un liquide à l'aspect d'huile de vidange. C'est un tout nouvel édulcorant, dont quelques centilitres remplacent 10 kilos de sucre. A côté, reposent des plaques de 1 m2, vertes, rouges ou jaunes. «C'est du poivron, de la sauce tomate ou de l'ananas», intervient Gilles Bocabeille, un de ces sorciers culinaires. Ces plaques permettent de découper à loisir de fi

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