Monsieur Jean est matinal. Il est à peine 8h30 que, déjà, il harcèle
les hôtesses d'accueil pour leur arracher le joli badge rouge remis à tous les visiteurs. Celui de monsieur Jean porte la mention «épicerie fine»: lui qui est l'un des premiers visiteurs du Sial se dit terriblement pressé, vu qu'il tient une boutique de délicatesses à Troyes. Le rapport? «Je suis ouvert tous les jours sauf le dimanche, confie-t-il en accélérant le pas sous les voûtes du parc des expositions de Villepinte. Du coup, je ne pouvais venir qu'aujourd'hui et je dois être de retour chez moi ce soir.» Dégustations. Mais que diable monsieur Jean vient-il faire dans cette galère, temple de la nourriture industrielle et des saveurs reconstituées? «Il y a pas mal de produits haut de gamme ici, presque autant qu'au Salon de l'agriculture, alors je fais mes emplettes», rectifie l'épicier fin. Premier arrêt sur le stand d'un brasseur allemand. Herrnbraü est sa marque de bière et, comme son nom l'indique aux germanophones, c'est un breuvage pour homme: plus de 7 degrés au compteur. A 9 heures du matin, l'exercice de dégustation relève d'une conscience professionnelle sans reproche, et monsieur Jean honore parfaitement sa corporation. «Les bières étrangères sont à la mode, j'en vend de plus en plus», explique-t-il, déjà à l'abordage d'un stand tchèque qui propose sa bière Budweiss. Toute allusion à un autre produit existant n'est pas réellement fortuite, et monsieur Jean n'est pas homme de contrefaçon. En




