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Libération

La pilule abortive sacrifiée aux anti-IVG. Menacé de boycott, le groupe allemand Hoechst a cédé ses droits sur la RU 486.

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Publié le 09/04/1997 à 1h15

Le laboratoire Roussel-Uclaf, filiale française désormais détenue à

100% par le groupe chimiste allemand Hoechst, a définitivement jeté l'éponge en matière de pilule abortive. Le groupe a annoncé hier avoir cédé gratuitement les droits de cette molécule, la RU 486, à Edouard Sakiz, ancien président du directoire de Roussel-Uclaf, aujourd'hui retraité. C'est la première fois qu'un géant de la pharmacie abandonne totalement ses droits sur une molécule dont les coûts de développement sont pourtant très élevés. «C'est une victoire des associations Pro Life», s'indigne à chaud la gynécologue Joëlle Brunerie, vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme et fondatrice d'une association pour la commercialisation d'une pilule du lendemain. Déjà, en 1994, sous la menace de boycott de ses autres produits lancée par les associations antiavortement américaines, le géant pharmaceutique avait cédé ses droits sur la molécule pour les Etats-Unis à l'association sans but lucratif Population Council. Une association qui n'a pas été capable, depuis lors, d'y assurer la mise sur le marché du médicament.

«Dans quelle mesure la production sera-t-elle disponible et pour quelles applications?», poursuit la gynécologue. Au cours d'une conférence de presse, Edouard Sakiz s'est voulu rassurant: il a accepté cette responsabilité car il ne voulait pas que «l'on enterre cette remarquable molécule». Il a reconnu toutefois que la décision du groupe allemand s'expliquait par les menaces de boycott des lig

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