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Meaux-Paris-Meaux au fil de l'eau. Ecluser la Marne et revoir Paris à chenal.

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Publié le 10/05/1997 à 3h04

Tout le monde peut se la jouer marinier du dimanche aux environs de

Paris. Descendre la Marne au rythme des guinguettes puis frimer, en pleine capitale, sur le canal de l'Ourcq, avant de repartir en banlieue. Quatre jours à se la couler douce.

C'est la valse lente du bateau à fond plat, la plaisante dérive au coin du canal. Embarquement à Meaux. Direction Paris. Le navire, une confortable pénichette moulée dans le plastique, carrossée comme un top model, se barre sans permis. Hormis la légère tension au moment de passer la première écluse, ce sera du nanan.

«Des journées à s'embrasser, on n'en aura jamais assez, Cé, cé, Célimène.» Après deux écluses, et un premier tunnel, on arrive à Chalifert. Plan d'eau calme, bateau amarré. Chris, le patron, croyant bénéficier de la proximité d'Eurodisney, a acheté l'estancot il y a quelques années. Dieu merci, les Mickeys se font rare. C'est ici que les interdits de séjour, les julots casse-croûte venaient se mettre au vert avec leurs luronnes, par-delà la barrière légale des «trente kilomètres». Il faut s'arrêter à l'Ermitage, en début d'après-midi et en pleine semaine, croiser le regard d'un troisième âge qui vient renouer avec les délices de la piste en parquet et du jupon frivole. Un car de Troyens s'est arrêté. «Vous avez vu nos quatre vieux, ce sont des Tartares», dira une ancienne. L'après-midi à faire danser ces dames, à apprendre que Vous permettez monsieur d'Adamo est un tango, à comprendre que la Compagnie créole ou David Marti

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