Tokyo de notre correspondante
Deux par deux, jupettes plissées bleu marine, jambes alourdies par les indispensables chaussettes blanches tombantes savamment maintenues à mi-mollets grâce à une colle spéciale, petits sacs à dos bombés d'où se balancent des peluches couleur bonbon, elles attendent patiemment leur tour. Le «must» justifiant la demi-heure de queue consiste à se faire photographier dans un Print Club, une sorte de Photomaton qui, pour 300 yens (15 francs), édite des vignettes autocollantes à peine plus grandes qu'un ongle.
La machine ressemble à un distributeur automatique de billets, masqué par un court rideau rose et jaune. Mais surtout, grâce aux techniques numériques, il est possible de se faire tirer des dizaines de miniautoportraits en compagnie de n'importe quelle star de manga comme Doraemon ou Ultraman de personnages de Disney ou encore de vedettes de la télé et du show-business. Echanges. Comme la mode du Tamagotchi, l'animal virtuel des jouets Bandai, celle des Print Clubs est partie des lycéennes. Le grand jeu consiste à se prendre en photo à plusieurs et surtout à s'échanger les autocollants. «J'en ai déjà plus de 100», dit fièrement Yuriko, 12 ans. Au bas de l'écran sur lequel apparaît son image en vidéo, de gros boutons permettent de choisir différentes frises pour l'encadrement de la photo, mais aussi d'insérer des graphiques ou des personnages. En trois minutes, l'appareil délivre une feuille de 16 vignettes. «Je suis venue trois fois cette s




