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Voyage. A la recherche du Monde perdu.Au nord du Guatemala, en plein coeur de la jungle, se niche Tikal. Terre de Grandes Pattes de Jaguar et de Grenouille fumante, la cité maya a sombré dans l'oubli vers l'an 1000 de notre ère. Découverte au milieu du XIXe siècle, elle a livré, intact, le génie de son peuple.

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ParIsabelle MANDRAUD
Marc BERTHOUX
Publié le 16/08/1997 à 7h26

Ca caquette, ça croasse, ça hulule, ça se déplace avec des

craquements secs de branche, ça vole dans un bruit de papier froissé, ça fiche la trouille. Les singes hurleurs font plus de bruit qu'une bande de fauves. Un marsupial roux, à la longue queue touffue, se faufile sournoisement entre les racines tentaculaires d'un arbre. Des milliers de fourmis, de la taille d'un trombone, désherbent le coin. A l'aube, alors que le ciel est encore noir, Tikal n'a rien d'un endroit paisible.

A 506 kilomètres au nord-est de Guatemala Ciudad, dans la région d'El Peten, le site maya se dresse au beau milieu d'une jungle humide et sauvage. Pas de cars de touristes, pas de béton, peu de gargotes à souvenirs, mais une immense réserve naturelle qui enserre les ruines impressionnantes d'un empire disparu. En langage maya, Tikal signifie «le lieu des échos».

Projets pharaoniques.Cette splendeur procure de vraies sensations. De quoi oublier l'éprouvant trajet pour y parvenir. De Palenque, autre site maya du Mexique mitoyen, dans le Chiapas, trois heures de route sont nécessaires pour rejoindre la frontière. Puis il faut embarquer trois quarts d'heure à bord d'une lancha, barque creusée dans un tronc d'arbre et surmontée d'un petit toit de palmes. Dernier contrôle aquatique par les militaires mexicains: l'arrivée au Guatemala, de l'autre côté du Rio Usumacinta, se fait en pataugeant dans la boue. Deux heures d'attente encore au poste frontière de Bethel et 10 dollars US pour entrer dans le pays. Puis

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