Kurokawa Onsen, envoyée spéciale.
Le Japon a trouvé là sa source, littéralement. La mythologie nippone raconte que c'est sur l'île méridionale de Kyushu que la déesse du soleil Amaterasu, ancêtre légendaire de la dynastie impériale, envoya ses descendants sur terre pour conquérir l'archipel nippon. Les Japonais font volontiers mine de le croire. Surnommée l'île du feu pour son importante activité volcanique, la terre de Kyushu livre ses entrailles au grand jour. Elle toussote, crache parfois, et fume comme pour libérer l'intense activité qui bout en elle. Nulle part ailleurs, l'instabilité géologique de l'archipel n'est aussi flagrante. Et la communion avec la nature aussi évidente. A une trentaine de kilomètres au nord du mont Aso, le plus grand volcan actif du monde, la station thermale de Kurokawa ressemble à une Cocotte-minute. La vapeur s'y échappe de partout. Des caniveaux, de la roche et bien sûr des nombreux ryokan (les auberges traditionnelles japonaises) qui ont poussé groupées autour des vingt-trois onsen (sources d'eau chaude). «Le volcan est gentil en ce moment, dit Yumiko, une jeune habitante du coin. Mais s'il se réveille"»
Niché dans la montagne, le petit village semble avoir surgi de la roche. Des ponts en bois jetés au-dessus de la rivière qui séparent le village en deux, des routes chaotiques en pierre et des sentiers mal assurés donnent à l'ensemble un aspect moyenâgeux. Car, de jour comme de nuit, Kurokawa la pudique se drape d'un voile de vapeur qui l'




