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«On était comme des parias». Plusieurs rapatriés évoquent les tracasseries qu'ils ont subies.

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Publié le 22/12/1997 à 14h13

Andrée Bonhomme vivait très mal son numéro de Sécu. Pour cette

agricultrice, pied-noir d'Oran, descendant d'une famille d'officiers du Tarn-et-Garonne, rapatriée en France, dans sa région d'origine, en 1962, le 99 était un cauchemar. Il la désignait comme étrangère notamment aux yeux de ses voisins agriculteurs. «Quand on a appris la mesure de rectification du code, toute la famille, moi, mon mari et mes trois enfants, on a fait la demande pour retrouver le numéro du département "français où on est nés: le 92 (la région d'Oran).» Andrée Bonhomme aime raconter que sa grand-mère «a vu le jour dans une guitoune, en 1860, dans la région de Mascara. Son père était un officier de l'état-major du général Bugeaud». «Enlever ce 99 sur mes papiers, c'est un rattachement définitif à notre histoire, un retour à la source. Ça nous enlève un poids. Combien de fois, à la mairie, on nous barre la mention "nationalité française, rien qu'au vu de ce numéro 99.» Pour les dernières législatives, Andrée Bonhomme a eu «l'agréable surprise de voir le numéro d'immatriculation sur [sa] carte d'électeur sans le 99, avant même la rectification de l'Insee».

Droit du sol. Née à El-Affroun dans la Mitidja, comme son mari, Gilberte Feutrée est issue de cinq générations de pieds-noirs. Installée à Toulouse depuis 1962, elle met en balance cette mesure de rectification du 99, avec l'actuelle loi sur l'immigration. «On parle du droit du sol pour les immigrés, et nous on a aucun droit par rapport à l'Algérie»

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