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Libération

La mort vous va si bien

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Publié le 01/11/2003 à 1h39

Long comme la douleur d'un deuil, aussi pénible à dire qu'un décès : son nom reste encore méconnu mais la thanatopraxie se répand. En France, dans 40 % des cas, la famille du défunt a recours à ses soins (en 2002, 230 000 corps traités sur 535 000 décès). Depuis vingt-cinq ans, la technique s'est progressivement développée : les proches du disparu étant souvent dispersés aux quatre coins du pays, il faut maintenir le corps dans un état présentable, le temps que tout le monde se réunisse. Le temps, aussi, de trouver un prêtre disponible, en cas de cérémonie religieuse.

Marques. Pendant les trois ou quatre jours généralement nécessaires à la préparation des obsèques, le corps se transforme, se décompose. Le visage se marque, les lèvres blanchissent. Les proches gardent alors en mémoire une image angoissante du disparu. Le rôle du thanatopracteur est de l'atténuer. Il redonne au corps une apparence familière. Le procédé est simple : on injecte par voie artérielle un produit aseptisant, le formaldéhyde, qui irrigue tout le corps. Puis le thanatopracteur retire les liquides et gaz des viscères où continuent d'agir les bactéries. Il procède enfin à la toilette : rase, habille, nettoie, use de produits cosmétiques pour redonner ses couleurs au visage. «La dernière relation est ainsi rendue la moins douloureuse possible. On garde une image sereine», explique Pierre Laribe, ancien thanatopracteur, à présent formateur dans les métiers du funéraire.

Les soins sont réalisés dans les heure

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