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Un petit pas pour le sperme, un bond pour la paternité.

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Publié le 06/12/2003 à 2h13

C'est la revanche des spermatozoïdes un peu mous, clairsemés et avec une drôle de tête. La victoire de ces cellules sexuelles mâles défaillantes qui ont peu de chances de rencontrer l'ovule promis. Depuis dix ans, l'injection intracytoplasmique de spermatozoïde (Icsi) leur donne un coup de pouce. Contribuant petit à petit à «révolutionner la prise en charge de l'infertilité masculine». Elise de la Rochebrochard, chercheuse à l'Institut national d'études démographiques et à l'Inserm, a dressé vendredi le premier bilan de la prise en charge médicale de l'infertilité des hommes.

Révolution. Comme la fécondation in vitro classique a révolutionné la stérilité féminine au début des années 80, «l'homme infertile peut désormais concevoir un enfant in vitro qui est génétiquement le sien», précise Elise de la Rochebrochard. Et il ne se prive pas. Il a tendance à délaisser l'insémination artificielle avec donneur au profit de l'Icsi. En dix ans, le succès de la technique a fait doubler le nombre d'enfants nés par fécondations in vitro (10 000 par an) et réduit de moitié ceux conçus par insémination artificielle. En 1998, 1,4 % des enfants nés en France étaient conçus en éprouvette (1), et l'Icsi représentait déjà 43 % de toutes les fécondations in vitro. Aujourd'hui, elle serait majoritaire.

«Les problèmes d'infécondité touchent 15 à 20 % des couples qui désirent un enfant, note la chercheuse. Autrefois, la femme était considérée comme responsable de cette infécondité.» Aujourd'hui, «la

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