Les bretzels, vous les préférez bruns ou dorés ? Avec du gros sel ou un grain très fin ? Celui que vous venez de goûter, vous l'achèteriez ? A questions idiotes, bouches coites. Vincent, 27 ans, informaticien : «La dernière fois que je me suis laissé prendre à un test-produit, on m'a retenu en otage dans 5 mètres carrés avec une assiette de biscuits à décortiquer. J'étais effondré par le nombre et la nullité des questions. Même si on me payait, je suis pas prêt de recommencer.» Pour éviter de se faire épingler à nouveau, le jeune homme va devoir slalomer. «On ne peut plus faire trois pas rue de Rivoli sans se faire alpaguer», peste Corinne, qui habite tout près de cette artère parisienne, consacrée «axe infernal» par des enquêteurs qui y font le pied de grue, questionnaire en main. «Ça sature, reconnaît un responsable de Territorial Team, une société de sondages en place depuis 1996. Il y a six boîtes d'enquêtes sur 400 mètres de trottoir.»
Peine. Fatigués d'être sollicités, les sondés rechignent de plus en plus à répondre, et les enquêteurs sont aujourd'hui à la peine. «Il y a ceux qui disent : "depuis le 21 avril, vos trucs on n'y croit plus"», déplore l'un d'eux. Un autre confesse : «Entre les gens toujours pressés et ceux qui ont compris que quand on leur annonce un questionnaire de vingt minutes il faut compter le double, nous n'avons plus beaucoup de marge de manoeuvre. Parfois, ils ne prennent même plus la peine de lâcher un sourire.»
Jean, 34 ans, spécialisé depuis qui




