Menu
Libération

Un zèbre né d'un coup de calebasse

Réservé aux abonnés

Publié le 18/02/2004 à 23h09

Il branle du chef et agite la queue. Son gros ventre est une calebasse évidée et passée à la teinture puis gravée (pour les rayures). Ses pattes sont en bois peint. Avec son air bancal, on le croirait échappé, la nuit venue, du cirque de Calder et échu, par hasard, dans la vitrine léchée d'une boutique d'exotismes. Ne demandant qu'à sortir de là, si possible pour immigrer dans la chambre d'un enfant, genre rêveur pas trop brutal (le fruit séché du calebassier est fragile). Entre l'animal en question et le zèbre des savanes d'Afrique de l'Est, son modèle, la ressemblance est poétique.

Ce zèbre-ci a été imaginé au Kenya, pays natal de celui-là. Fabriqué là-bas et vendu ici, on osa poser la question des coûts et celle de la répartition des bénéfices. La réplique fut d'abord sèche : «Vous voulez faire dans le commerce équitable ?» Il paraît que c'est à la mode. Danièle Bastelli sillonne l'Afrique depuis douze ans. Au Kenya, elle fait surtout fabriquer de beaux objets en pierre de savon polie, qui sont dessinés à Paris. «Aujourd'hui, certains se gargarisent du label équitable et font travailler des bénévoles, proteste-t-elle. Moi, je préfère faire du business et payer les gens correctement.» Dans ses magasins parisiens, bien situés, l'Afrique est haut de gamme et décorative. Tendance ethnique chic assumée par la maîtresse des lieux : «Bien exposer, c'est valoriser les Africains.» Le petit zèbre hoche la tête.

24 euros (+ 4,80 euros de frais de port) 21 x 14 x 11 cm. As'Art : 3, pas

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique